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ASPECTS CLINIQUES


Le dessin et la distribution des lésions cutanées permettent souvent de reconnaître une phytodermatose au premier coup d’œil.
Une analyse critique des lésions et une enquête plus poussée pourraient permettre de préciser le mécanisme réactionnel et aider à clairement identifier la plante coupable.


PHYTODERMATOSES TRAUMATIQUES

Nombreuses plantes présentent en surface sur leurs tiges ou leurs feuilles des structures acérées qui les aident à résister à la sécheresse mais constituent également un bon moyen de défense contre les prédateurs dont nous sommes.
Les lésions cutanées qu’elles peuvent occasionner varient selon la forme et la taille de ces structures.
Les lésions superficielles même étendues amènent rarement à consulter. Ce sont les piqûres et excoriations source de picotements et brûlures sans lendemain.
Les lésions plus profondes peuvent se solder par des cicatrices , voire être source de complications plus préoccupantes.Ce sont les coupures et les piqûres profondes responsables d’inoculation septique, de granulomes à corps étranger révélés par une éruption papuleuse prurigineuse ou un botriomycome.




PHYTODERMATOSES DE CONTACT CAUSTIQUES

Ces dermites résultent de la pénétration cutanée d'agents chimiques d'origine végétale et sont le reflet des altérations qu'ils provoquent par un mécanisme non immunologique.
L' effet est collectif, indépendant de l'individu, variant uniquement en fonction de la concentration de la substance toxique, et de facteurs locaux de pénétration ( intégrité cutanée, temps de contact). Elles se traduisent par des manifestations cutanées plus ou moins sévères selon la nature , l'intensité, la durabilité du contact , son caractère unique ou répétitif.
Dans le cas d’un contact accidentel isolé sur n’importe quelle partie du corps, on observe des lésions inflammatoires aiguës avec par ordre d'intensité croissante érythème, oedème, vésicules, bulles, nécrose.


Parfois la réaction caustique simule une réaction d’hypersensibilité immédiate avec urticaire et prurit.
Lorsque le contact est répétitif, et c’est souvent le cas chez les professionnels au niveau des doigts, on décrit des lésions chroniques qui vont de la simple acropulpite desquamative et atrophique à la kératodermie fissuraire.

PHYTODERMATOSES DE CONTACT ALLERGIQUES

Elles se définissent par des manifestations cutanées mettant en jeu un processus immuno-allergique, sous entendent une sensibilisation de l'individu et une réactivité ne dépendant que partiellement de la concentration de l'agent toxique.

Selon le type de réaction immuno-allergique on distingue

-Des réactions d'hypersensibilité immédiate (réaginique ou de type I).
-Des réactions d'hypersensibilité retardée(dite cellulaire ou de type IV).
-Des réactions d'hypersensibilité de type III.

D’un point de vue clinique :

-Les réactions d'hypersensibilité immédiate se traduisent cliniquement par de l'urticaire, des manifestations oculaires (conjonctivite) et respiratoires (rhinite, asthme) et peuvent entraîner un choc anaphylactique. La responsabilité de l'allergène peut-être confirmée par des prick-tests.



-Les réactions d'hypersensibilité retardée se traduisent par un eczéma avec trois variantes cliniques

-L'eczéma localisé le plus souvent aigu.


-L'acropulpite le plus souvent chronique souvent désignée sous le terme de « tulip fingers »
.
-La dermite aéroportée souvent aigue au début et chronique à la longue.

L'allergène peut-être identifié par les patch-tests.

-Enfin les rares réactions immuno-allergiques de type III qui se traduisent cliniquement par un érythème polymorphe (EP ) ou une vasculite allergique (VA) sont liées à un passage systémique de l'allergène par voie respiratoire ou percutanée.


PHYTODERMATOSES PHOTOTOXIQUES

Certaines plantes contiennent des agents chimiques qui entraînent des réactions cutanées en cas d'exposition concomitante aux UV. Le mécanisme n'est pas immunologique et la réaction survient rapidement après le contact. Il en résulte dans les rares cas où la plante est consommée (céleri) un coup de soleil "immérité", mais le plus souvent ce sont des dermites érythémato-bulleuses localisées reproduisant le contact de la plante

et laissant une pigmentation gênante pendant plusieurs mois.


Le tableau classique est celui de la dermite des prés avec des lésions dont le dessin laisse deviner la forme des tiges et des feuilles.


Chez l'homme seules les plantes contenant des furanocoumarines sont capables d'induire des réactions de photoxicité.
Les plantes photo toxiques appartiennent à 4 familles botaniques:
Apiacées, Rutacées, Moracées, Fabacées.


LES PHYTODERMATOSES PHOTOALLERGIQUES

Des réactions allergiques induites par l’exposition solaire concomitante ont été décrites avec certaines plantes tels les lichens et les astéracées qui contiennent des sesquiterpènes lactones, mais la réalité d’un mécanisme photoallergique est mis en doute par certains auteurs qui pensent que ces cas correspondent en fait à des dermites de contact aéroportées.